verasite Pour les ados...et les autres

 Editions de Sarjas

18 janvier 2021
Bonne fête Prisca

Site mis à jour le
20 mars 2020

122327 visiteurs
147763 pages vues

Chapitre 24

Les deux acolytes riaient avec complaisance. Karel huma sa liqueur et en aspira une goulée avec avidité. Décidément il avait bien fait de s’associer avec Frogie et de venir dans cette contrée où personne ne le connaissait. Chez lui il vivotait car les clients étaient rares. Il était un peu trop connu, ses airs martiaux et sa façon de tonner lors de ses plaidoiries comme s’il incarnait la Justice et sa sainte colère, n’impressionnaient plus personne. Ca agaçait plutôt quand on savait ce qu’il en était réellement.

- Il faut les maintenir dans l’espoir et dans l’ignorance le plus longtemps possible, le temps que nos troupes s’installent.

- Chère amie, c’est le BABA du métier que vous me demandez ! Par contre, il y a une autre chose que nous faisons très bien dans notre noble profession mais dont je suis privé, c’est exiger des honoraires exorbitants.

- En effet, et qu’est ce qui vous empêche de le faire ?

Karel haussa ses épais sourcils de surprise, parfois le Grand commandeur était loin des réalités du terrain !

- La monnaie chère amie, la monnaie. Ou plutôt l’absence de monnaie. Je n’ai pas envie que ces pequenods me paient en sacs de céréales ou en saucissons.

Frogie se fendit d’une grimace de compassion bien que l’image du gros Karel ramenant ses honoraires sur son dos dans un grand sac de toile ne soit pas pour lui déplaire.

- Je n’avais pas pensé à cela. C’est amusant.

- Pour vous peut être, vous êtes payée par notre Etat. Pour moi cela devient pénible, bien que je sois nourri et logé par le ministère.

- Soyez patient, nos services réfléchissent à l’élaboration d’une monnaie pour Les Marais.

- Pourquoi ne pas imposer la notre ?

- Le futur roi des Marais veut sa monnaie rien qu’à lui. Et à son effigie.

Karel soupira bruyamment

- Et moi pendant ce temps je vivote.

- Cela ne vous change guère de vos habitudes, se moqua Frogie Brandon.

Elle  ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit une petite bourse qui tintilonna agréablement aux oreilles du sir Karel.

- Voici pour vos frais et dépens, cher ami fauché, fit elle en poussant la bourse vers Karel. Je ne voudrais pas que vous dépérissiez et que vous fassiez mal votre travail. D’autant que vous n’avez pas le droit à l’échec. Vous le savez ?

Huld Karel hocha la tête. Il aurait hoché n’importe quoi pour une bourse remplie d’argent. Et il était prêt à faire tout ce qu’on lui demandait. Tout ce que Frogie Brandon lui demandait.

Pour le malheur du Peuple des Marais.

 

Extrait du chapitre 40

- Ca a l’air de tenir, fit elle, en regardant son rapiéçage au-dessus de leurs têtes.

 Raoustaf la regarda avec admiration, elle était un peu bizarre parfois mais on pouvait compter sur elle. Plus que sur Putorius !

- Professeur ! C’est par où le sud ? lui cria-t-il.

Putorius bredouilla en regardant les écrans placés devant lui.

- Par là je crois ! se décida –t-il.

Et il montra une direction aproximative.

Le vent du sud était toujours là car il finit par les pousser du bon côté. Raoustaf vérifiait de temps en temps sur sa boussole et Mosa surveillait le bruleur pour qu’ils restent à la bonne altitude.

Ils avançaient à vive allure, le temps était au beau fixe, la rivière volante n’était plus qu’un mauvais souvenir. En bas des étendues de steppes défilaient sans discontinu. Impossible de distinguer des êtres vivants d’où ils étaient ou alors il aurait fallu qu’ils soient très gros.

Emmi Nourghési tombait de fatigue, son accident l’avait fortement éprouvée et elle somnolait à demi-assise sur une paillasse.

- Nous allons devoir nous poser d’ici ce soir. Il faut qu’on se repose. Décida Mosa

Raoustaf approuva.

- Oui, une bonne nuit nous fera du bien. Et puis la navigation aérienne nocturne cela ne me dit rien qui vaille !

Au loin à l’ouest ils aperçurent une montagne. C’était la première fois qu’ils en voyaient une pour de vrai. Elle était d’une beauté incroyable et mystérieuse avec son auréole de brume.

- Elle culmine à 9927  kerps, commenta Raoustaf qui se souvenait bien de ses leçons de géographie.

- Tu crois que c’est le Massif des Turpitudes ?

- Il lui ressemble. Et si nous approchons des Marais, il y a des chances que ce soit lui.

- Pourquoi s’appelle-t-il ainsi ? demanda Mosa.

Raoustaf répondit par une moue d’ignorance.

Putorius intervint, heureux pour une fois de damner le pion au jeune garçon.

- Parce qu’il s’y est passé des choses sordides qu’on ne raconte pas aux enfants à l’école, minauda-t-il.

- Là vous en avez trop dit ou pas assez professeur ! protesta Mosa.

Putorius fit semblant de ne pas entendre.

- C’est vrai, nous ne sommes pas à l’école ici ! Plaida Raoustaf.

L’argument sembla porter et le professeur se permit même un petit rire de contentement avant d’expliquer :

- Cela se passait au temps de Sadique le Humble il y a longtemps de cela. Il régnait sur les Marais en despote absolu. Au début il se faisait appeler Le Humble, mais progressivement la population l’a surnommé ironiquement Sadique Le Humble. Et c’est resté.

Les enfants écoutaient Putorius avec attention, c’était la première fois qu’ils le trouvaient intéressant. Le professeur était ravi, il continua:

 

Page précédente Page suivante